Mauvaise herbe pour les uns, petit trésor pour les autres. Le sarrasin de Tartarie a bien failli disparaître du paysage. À Sainte-Sabine-de-Bellechasse, dans la MRC des Etchemins, la famille de Luce Bisson s’emploie aujourd’hui à lui redonner vie.
Il fut un temps où cette région du sud de Chaudière-Appalaches comptait plusieurs producteurs du fameux sarrasin vert de Tartarie. Un à un, ils ont toutefois disparu, emportant avec eux une culture qui faisait autrefois la fierté du coin.
Aujourd’hui, sur les 200 acres certifiés biologiques de la Ferme Aquilon, Mme Bisson et sa famille remettent cette céréale au goût du jour grâce à une semence précieusement conservée depuis les années 1950. La récolte est notamment transformée en mélanges à pain et à tireliche, cette crêpe dodue cousine de la ploye du Madawaska, au Nouveau-Brunswick.
Pourtant, derrière cette couleur se cache un véritable trésor nutritionnel. Le sarrasin de Tartarie renferme beaucoup plus de rutine que le sarrasin noir. Des analyses scientifiques font état de concentrations plusieurs dizaines de fois supérieures à celles de son proche cousin. Cet antioxydant, notamment étudié pour ses propriétés anti-inflammatoires et ses effets sur la santé cardiovasculaire, contribue à rendre ce petit grain encore plus intéressant.
Une culture presque oubliée qu’une famille passionnée s’emploie aujourd’hui à faire renaître. C’est ce que Mme Bisson m’invite à découvrir à la ferme. Bonne découverte!
