Electrofemmes : Mozart’s Sister, Grimes et Ariane Moffatt

Quelle belle messe électroféminine hier soir à l’Impérial! Les trois Montréalaises d’adoption que sont Caila Thompson-Hannant (Mozart’s Sister), Claire Boucher (Grimes) et Ariane Moffatt ont rempli mes tympans de bonheur en basse fréquence et de rythmes dansants jeudi soir.

Elles ont aussi câliné mon cerveau de plaisir optique grâce aux expressions faciales de Mozart’s Sister, aux contorsions de Grimes et à l’incomparable talent de l’éclairagiste et concepteur visuel de la tournée de l’album  d’Ariane Moffatt (lasers en moins à cause d’Aerosmith, blâme Ariane!), Mathieu Roy. Du gros talent de fou qui lui a valu le Félix du concepteur d’éclairage de l’année pour son travail avec Karkwa en 2011. Je mise sur lui pour 2012 grâce à ce que j’ai vu hier soir et, lasers en plus, le 9 mars dernier.

Ce fut très épuré comme performance pour Mozart’s Sister. Seuls un clavier, un Roland SP-404 et un micro entouraient sa performance. Par contre, elle a vu les caméras assez rapidement. À un certain moment, elle s’est tournée vers moi pour me faire de belles poses! Disons qu’elle savait comment attirer mon attention de photographe.

©Allison Van Rassel

©Allison Van Rassel

Je ne m’étais pas créé d’attentes quant à la prestation de Grimes. La seule chose que j’avais lue à son sujet concernait son manque de vivacité sur scène; ce ne fut pas le cas hier soir. Elle fait maintenant appel à Mike Tucker, alias Blood Diamond, pour l’aider sur scène. Elle a donc pu se concentrer à se remuer, à s’accroupir et à enlever ses sandales avec beaucoup plus de concentration.

@Allison Van Rassel

@Allison Van Rassel

Je vais me permettre de dire qu’Ariane Moffatt est l’artiste la plus talentueuse en ce moment au Québec. Non seulement sait-elle s’entourer des meilleurs musiciens et faire confiance aux meilleurs concepteurs, mais elle est au sommet de la maîtrise de ce que

j’appelle la créativité. Elle est mélomane, la fille, et puis ça s’entend. Le plus beau moment de la soirée fut assurément lorsqu’elle a entamé Running Up That Hill de Kate Bush. Je suis sortie de l’Impérial trempée de sueur, charmée une fois de plus par une artiste pour qui il m’est impossible d’être objective. Eh.

©Allison Van Rassel

©Allison Van Rassel

Des étiquettes, en veux-tu? Étiquettes musicales du 7 juillet, 2o12

Samedi le 7 juillet, 2012 j’ai fait une des plus belles découvertes musicales: Foxtrott.
Pas facile d’épingler une étiquette sur un style musical (moi qui déteste coller des étiquettes), mais apparemment que c’est très attirant pour ceux et celles qui aiment découvrir par genre. Du moins, c’est ce qu’un disquaire indépendant m’a déjà dit. Alors, voici un essai : du nouveau pop-step! Ha!

Un bon beat gras, des paroles naïves qui n’invoquent aucun malaise, des variations musicales mélodieuses, une chanteuse avec un p’ti look Mile-End, et un cor français! C’est évident que si tu as un cor français comme instrument dans ton groupe d’électro, tu sors de l’ordinaire. Un mélange de Fever Ray dans sa voix, de synthétiseur à The XX, voir même Depeche Mode, et une chaudrée de Santigold/M.I.A circa Arular vs. dubstep. Saupoudré du talent du percussioniste Liu-Kong Ha de Random Recipe qui l’acompagnait sur scène, MIAM! J’ai filmé une petite vidéo que je metterai en ligne un peu plus tard.

Si j’avais à utiliser deux mots pour décrire le reste de la soirée à l’Impérial ce serait trouble et technique. Même pas une minute après l’entrée sur scène de Cubic Zirconia, l’ordinateur du claviériste/producteur/dj Nick Hook a crashé, en bon français. «Does anybody have a joke. I don’t have a joke», demande la chanteuse pendant que le MacBook redémarre. (Oui, très rare un Mac qui crash et s’il y avait eu un PC dans la salle hier soir, il se serait foutu de lui solide! badoom-tish! OK plus de blagues d’ordinateur, promis.) C’est alors que Trayvon y est allé d’un solo de batterie.Tiombe Lockhart

Visuellement intéressant aussi comme performance. Les leggings de Tiombe orné d’un léopard ont surement dû offrir bien des illusions d’optique aux spectateurs. Disons simplement qu’elle bouge très bien sur scène. La musique très festive de Cubic Zirconia se vaut l’étiquette d’avant-garde électro/disco/funk. Payant au Scrabble ça!

L‘Impérial à commencé à se remplir davantage vers les 22h45-23h. Yuksek arrive sur scène à 23h15 et trouble technique encore. cette fois-ci, j’ai vu de la haine dans le regard de Pierre-Alexandre Busson alias Yuksek à l’endroit de la technique.

Pierre-Alexandre BussonIl a même soudainement arrêté la première pièce parce que visiblement, y’était pas content le monsieur. Mais une fois le trouble détecté, et les «pardons, pardon encore» pour avoir interrompu terminé, l’Impérial s’est rempli et s’est mis à sautiller de bonheur d’entendre l’électropop du parisien Yuksek!


La déception des admirateurs de Kid Koala

Je n’ai pas assisté à la prestation du Dj Kid Koala au Cercle en fin de soirée, non plus quelques centaines d’admirateurs qui faisaient la file dehors. À 23h45 je m’y suis dirigé et tweeté ceci :

Dommage. Plusieurs se sont mis à verbaliser leur frustration et à envahir la rue Saint-Joseph. D’ailleurs, j’aimerais suggérer qu’elle soit piétonnière à tous les soirs entre les rues Caron et Dorchester et ce pour toute la durée du Festival.
**Oops! Je ne voudrais pas demeurer dans le coin si tel était le cas!!!

Le Festival OFF de Québec

Je suis allée voir Les Sœurs Boulay au OFF sur le parvis de l’église Saint-Jean Baptiste. Je suis assez fière d’avoir prédit qu’elle irait loin aux Francouvertes, le concours vitrine qu’elles ont d’ailleurs gagné cette année. Ça fait toujours un petit velours quand tu offres de la visibilité à un artiste indépendant qui finit par émerger de l’anonymat. D’ailleurs, s’en est le leitmotiv de l’OFF. Le OFF c’est :

En marge du Festival d’été, le Festival OFF proposera du 4 au 7 juillet 2012, dans des lieux et créneaux différents, une programmation inédite. Sa singularité tient en l’opportunité qu’il offre à des groupes de talents encore peu connus, originaires de Québec et d’ailleurs, de se produire devant des producteurs et des journalistes. C’est également l’occasion pour eux de se faire connaître du grand public. Au final, c’est l’offre de spectacles dans la ville de Québec qui s’en trouve bonifiée.

Oui je le sais, c’est fini pour cette édition 2012, mais tenez-vous-le pour dit pour l’an prochain. Si Martha Wainwright, Patrick Watson, Bernard Adamus et autre Kid Koala y sont passés en premier, c’est que l’équipe de la programmation derrière se «petit frère tannant» du Festival d’été de Québec, est à l’affût!