La sensibilité du 13e étage

Mon instinct me parle. Il me réveille la nuit et me raconte des histoires, se fait la comédie et met en scène des récits épiques. Il est doté d’une grande imagination et d’une grande sensibilité, cet instinct en moi.

Récemment, après seulement une écoute de la pièce L’ascenseur, il me dit : «Le treizième étage de Louis-Jean Cormier, c’est de la bombe!» J’ai mis en doute sa précocité jusqu’à ce que je puisse entendre ce premier album solo de Louis-Jean, ce 13e étage en question.

Je connaissais la voix de Louis-Jean, celle de Karkwa, cette voix qui a marqué le paysage

©Simone Records

©Simone Records

musical québécois depuis le début des années 2000 avec quatre albums récompensés de Félix et de Polaris. Non négligeable talent pour l’écriture aussi à considérer. Peut-être que mon instinct a pris tout ça en considération.

Aujourd’hui, 5 septembre 2012, lendemain des élections provinciales, lendemain de ce qui aurait pu être un massacre au Métropolis, je pose mes oreilles sur le premier album solo de Louis-Jean Cormier. J’ai besoin d’entendre autre chose que la colère et la gronde qui sévissent, d’étouffer les impulsions, qui, chez plusieurs, auraient grandement besoin de contrôle.

Je débute avec La cassette qui tout de suite me transporte avec lui dans les 1, 2, 3 de son studio d’enregistrement et m’embarque dans un rythme qui me fait taper du pied. À qui appartient cette jolie voix en harmonie? Encore dans Bull’s eyeTout le monde en même tempsL’ascenseur. Est-ce toujours la même voix? C’est agréable.

À première écoute, en fond de cuisine, à aire ouverte, c’est beaucoup moins aéré que Karkwa, mais toujours dans une composition solide et imagée. Je balance déjà la tête et mes hanches de gauche à droite en faisant la vaisselle. Oups! de l’eau partout!

Ensuite, j’enfile mes écouteurs.

Mon coup de cœur : Un monstre. Les harmonies vocales, le piano, la douce guitare, l’égoïne (ou la scie) au timbre aigu, oscillent la tristesse. Serait-ce la maladie? Celle d’un enfant… je suis émue à tel point que je pleure seule à mon ordinateur. Ouf.

Louis-Jean, tu m’as fait vivre une envolée d’émotions avec ton 13e étage, celui qu’on omet d’inscrire sur les pitons d’ascenseur par superstition, mais qui existe toujours, quand même, physiquement. Beaux messages, magnifique ambiance et toujours une aussi admirable plume.

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Tiens, ça me rappelle que j’ai eu 13 ans un vendredi 13. Qu’est-ce que tu as a dire là-dessus, instinct?

Trop loin pour MDNA

J’ai vu Madonna en spectacle pour la première fois samedi soir dernier, le 1er septembre 2012, sur les plaines d’Abraham à Québec. J’avais le postérieur collé sur la clôture de la section C. Je ne pouvais pas être plus loin de la scène que ça. J’ai payé mon billet 80 $.

Premier constat : qu’est-ce qu’elle est en forme, la madame Ciccone!

J’étais encore dans l’ambiance du Festival d’été, parce que je n’ai pas traîné de manteau, ni de coton ouaté, ni de couverture de laine. Pas même une tuque. Au moins, j’avais des espadrilles. Merci la vie, car je n’ai pas la grippe ni le rhume au moment même de vous écrire ces mots.

Madge est arrivée en retard sur scène. Rien de surprenant là-dedans, car il n’y a pas un artiste qui arrive sur scène à l’heure pile. Personnellement, je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit à l’heure. Cependant, si on est encore dans l’esprit du Festival d’été (comme moi je l’étais avec mon habillement), on s’attend à ce que l’artiste soit à l’heure, car dans un festival, tout est crinqué au quart de tour. Bien serré. Pas de tequila, pas de Heineken, pas le temps de niaiser. À n’importe quel autre moment = retard, point. Pour moi qui assiste en moyenne à un spectacle par semaine, il n’y a rien d’anormal là. Le contraire serait surprenant.

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«C’est quoi la patente qui pend en plein milieu de la scène?» ai-je demandé aux gens autour de moi.

«Une fontaine.»

Ça vous donne encore une idée de la distance entre nous et la section Or à 300 $ le billet. Mais le rayon psychologique du 1 km entre nous et Madonna ne fut pas brisé. Il a d’ailleurs fallu des jumelles et beaucoup de concentration pour voir que la patente sur scène était en fait un encensoir.
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Je suis une visuelle. J’adore voir, regarder, stimuler ma rétine par le biais de couleurs, de mouvements, etc. C’est pour ça que je fais de la photographie. Je suis aussi cinéphile pour ces mêmes raisons. Madonna a assurément offert un spectacle très visuel : éclairage, écrans, danseurs, costumes, etc. Du coin de la clôture où je me trouvais, je n’ai malheureusement pas vu le quart de ce qui a été présenté. Mais j’ai quand même été capable de percevoir l’immensité du talent de Moment Factory, compagnie québécoise qui a réalisé la majeure partie de ce qui a été présenté sur les écrans du MDNA Tour. Allez voir leur travail, c’est à couper le souffle. J’ai d’ailleurs bien hâte de voir ce qu’ils feront avec la Sagrada Família à Barcelone à la fin septembre.

Bref, si j’avais payé mon billet plus cher, j’aurais apprécié davantage le spectacle de Madonna sur les plaines; plus tu payes cher un billet, mieux tu es placé, meilleur est le spectacle. Eh!

P.-S. – Ne me parlez pas de Tintin Oakenfold, car je vais être méchante et je n’aime pas ça être méchante.

Klô et Karl

Il s’est passé quelque chose le vendredi 24 août au soir sur la rue Saint-Joseph à Québec. Dans leurs yeux, j’ai vu des étincelles! «C’est mon meilleur ami», me dit-elle avec sa petite voix toute mignonne. «Ouin, son meilleur ami», me répond-il aussitôt.

Klô Pelgag et Karl Gagnon sont amis, meilleurs amis. Apparemment!

 

Klô Pelgag et Karl Gagnon
©Allison Van Rassel

Karl Gagnon, c’est Violett Pi. J’ai déjà parlé de lui ici. Gros coup de cœur pour Karl et sa troupe de musiciens en 2011. Album en vue pour 2013? Espérons-le, car qui dit album, dit spectacle. Et comme j’ai manqué son spectacle de vendredi dernier au Cercle… Disons juste que je ne suis pas encore capable d’être à deux places au même moment.

Klô Pelgag = Chloé Pelgag, originaire de Rivière-Ouelle (non, mais, y’a tu des beaux campings à Rivière-Ouelle, hein?). Prenez deux minutes de votre temps pour entrer en contact avec son univers, et le tour est joué. Ionesco, rhabille-toi! Elle a reçu le Prix Miroir Célébration de la langue française par le FEQ cet été. Un prix parfaitement mérité. (Peut-être pourriez-vous prendre le temps de lire son texte sur son aspiration à se marier avec le Festival d’été de Québec. Ça en vaut la peine.)

©Allison Van Rassel

J’espère un jour avoir la chance d’entendre une chanson d’amour, une ballade même, écrite, composée et chantée par Klô et Karl. Me semble que c’est fort bien à propos avec ce que j’ai vu, de mes yeux vu, le vendredi soir 24 août 2012 sur la rue Saint-Joseph à Québec. Mais bon, je ne pars pas de rumeurs, là.

Retour à la Normale avec CKRL 89.1 FM

Maintenant la vie, presque normale. Je suis de retour à la maison, après un périple relaxant en Gaspésie. Se faire conduire sur la 132 aux abords des falaises noircies par la nuit, avec comme trame de fond The XX et un ciel immensément étoilé, c’est la route qui mène droit vers le paradis : une semaine à Cap-aux-Os à faire la baleine échouée sur la plage de la baie de Gaspé, à pêcher à Grande-Grave et à passer une soirée en compagnie de 1755 jusqu’à se perdre dans ses rêves à travers les Chics-Chocs. C’est bon, la Gaspésie.

Après mon expérience de blogueuse avec le Festival d’été de Québec, j’ai eu envie de recentraliser mon chakra. J’ai adoré mon expérience privilégiée avec le Festival, mais passer mes soirées à tweeter au lieu de prendre part aux conversations des vrais êtres humains qui m’entouraient, j’ai trouvé ça pas mal difficile. Mais d’un autre côté, lorsque je tweetais, je partageais avec plein de gens ma propre expérience, mes sentiments, mon opinion au moment même où je les vivais. Excitant sur le coup, consternant par la suite. Du surfaçage. Et ça n’a jamais été mon genre.

Alors qu’arrive l’automne, arrivent les changements de couleur, le froid et le retour à la vie normale, aussi «normale» soit-elle (oh! et les décorations de Noël sont déjà en vente chez Costco! Quelqu’un sait pour Dollorama? lol). Et, à l’intérieur de MON normal, se trouve une émission de radio.

À partir du 22 septembre, je serai de retour en ondes avec mon projet radiophonique Allison Wonderland. Cette fois-ci, je serai à CKRL 89,1 FM les samedis de 17 h à 18 h. J’ai vraiment hâte, car ce fut le premier été de congé de la radio. J’espère que vous viendrez faire un petit tour dans mon univers et dans celui des artistes que je vous présenterai. D’ailleurs, je peux tout de suite vous confirmer la présence de Yann Perreau le 6 octobre pour parler de son nouvel album, À genoux dans le désir, «un album entièrement composé à partir de textes inédits de Claude Péloquin, où chacune des chansons a été créée à partir de poèmes qui n’ont jamais été lus ou entendus».

Fourni par l'étiquette de disque

La dernière fois qu’on s’est jasé, il entrait sur la scène de l’Impérial pour les Soirées Jeunes musiciens du monde. Paul Piché se faisait masser juste à ses côtés et on pouvait entendre,  à travers le téléphone, le claquement des mains de la masseuse sur son corps. Beau moment de radio, assez ludique!

Et, chanceuse comme je suis, j’aurai maintenant mon propre metteur en ondes, question de me concentrer sur tout, sauf les pitons!  Merci Olivier. Bien hâte de vous le présenter.

***Malheureusement, j’ai dû mettre fin à l’émission avant même qu’elle débute. Vous pouvez maintenant m’entendre sur les ondes de CBC au 104,7 fm à l’émission Quebec AM.

 

Adieu formidable Eve Cournoyer

© Marie-Claude Meilleur

Ce matin, j’ai appris le décès de l’auteure-compositrice-interprète Eve Cournoyer. C’est avec elle que j’ai fait une de mes premières entrevues radio, en janvier 2003, au moment où elle faisait paraître son premier album, Sabot-de-Vénus. La dernière fois que je lui ai parlé, c’était sur les ondes de CIBL 101,5 un jeudi soir d’automne,  alors que L’écho était né quelques mois avant en 2006. «Es-tu vraiment bouddhiste?» m’avait-elle demandé, alors que je flirtais avec MySpace et que j’y avais ajouté mes croyances spirituelles. C’est grâce à elle que j’ai réalisé que je devais garder ma vie privée, privée.

Elle était curieuse, fermée, sombre certes, mais remplie de vie. J’ai toujours eu un grand respect pour Eve Cournoyer, l’enfant négligé du milieu artistique québécois. J’aurais aimé qu’encore plus de gens la remarquent, la regardent, l’écoutent. Une beauté visiblement tourmentée, qui se protégeait d’une si grande fragilité.

«Quand ça gronde en-dedans, que les doutes tonnent, les angoisses  pleuvent, le remède réside dans l’espoir du retour du beau temps, du calme après la tempête.» -Eve Cournoyer

Dommage que ce soit à l’aube d’un labeur de si belles fleurs. Adieu, formidable Eve Cournoyer.

Manque de mots

Je suis à court de mots pour décrire l’incroyable expérience que je viens de vivre grâce au Festival d’été de Québec. Encore une fois, grâce au talent des programmateurs et de toute l’équipe pour ce qui touche de près ou de loin l’organisation du plus beau festival de musique à Québec, j’ai pu combler deux de mes plus grandes passions : la photo et la musique.

J’ai fait de belles découvertes et j’ai enfin pu voir en spectacle des artistes de talent extraordinaire tel Foxtrott, Grimes et Metric. Dame Nature a même surpassé mes espérances.

Grâce à l’opportunité d’être blogueuse officielle pour le Festival d’été de Québec, j’ai eu la chance de partager avec vous mon opinion sur mes propres expériences au festival, de même que mes impressions des artistes que j’ai vus.

Mais mon aventure de blogueuse ne se termine pas ici. Comme vous l’ignorez peut-être, je collabore de temps à autre avec quelques médias de la ville de Québec. Peut-être aurons-nous la chance de nous recroiser, ou peut-être oserez-vous me suivre sur mon site web personnel, allisonvanrassel.com ou au foodiequebec.com

D’ici là, j’ai concocté quelques «couvertures» photo pour les adeptes de Facebook. Je les offre gratuitement ici. Suffit que vous soyez inscrit sur Facebook!

Voici deux exemples de ce que vous y trouverez!

La perfection nommé Sarah McLachlan

Sarah McLauchlan au Festival d'été de Québec 2012

©Allison Van Rassel

J’ai vu Sarah McLachlan pour la première fois en 1998 au parc Jarry à Montréal dans le cadre du Lilith Fair, une journée de musique qui célèbre la femme. À cette époque-là, elle avait sur scène avec elle un grand tapis marocain sous ses pieds et était accompagnée de son chien, couché près d’elle, comme si nous étions dans son salon. Sarah McLachlan était à ce moment-là mon idole.

Je n’avais pas revu Sarah McLachlan sur scène depuis 1998. Vendredi soir, j’ai vécu à nouveau des moments de ma vie et revu des visages à la seconde où I Will Remember You a débuté. Je n’avais pas non plus écouté du Sarah McLachlan depuis 1998, parce que j’ai vécu trop de peines accompagnées par sa musique. Ah! la mémoire sensorielle. Si seulement j’étais un peu moins émotive.

Lorsque Sarah McLachlan est entrée sur scène vendredi soir, j’ai senti une masse d’air chaud me pousser dans le dos. J’étais à l’avant-scène (pit photo) pour prendre quelques clichés et j’ai senti, littéralement, tout l’amour que les festivaliers avaient pour elle. Je pense qu’elle l’a bien senti elle aussi, car aussitôt son visage s’est illuminé. Elle a d’ailleurs gardé un beau grand sourire tout au long de sa prestation.

Sarah McLachlan était d’une beauté resplendissante et semblait être dans une forme physique incroyable. Tous ses déplacements sur scène captaient notre attention. Chaque note, chaque mélodie entamée à la guitare ou au piano étaient parfaites. Pas une fois n’a-t-on entendu quelque chose de faux sortir de sa bouche. Fabuleux pour une femme qui vient de passer une des périodes les plus difficiles de sa vie. Dire qu’elle croyait ne plus être capable de revenir sur scène.

Ça fait du bien de renouer avec le passé grâce à la musique de Sarah. Ça fait surtout du bien de se rendre compte à quel point la vie est belle aujourd’hui et que le passé, c’est tellement 1998.

Electrofemmes : Mozart’s Sister, Grimes et Ariane Moffatt

Quelle belle messe électroféminine hier soir à l’Impérial! Les trois Montréalaises d’adoption que sont Caila Thompson-Hannant (Mozart’s Sister), Claire Boucher (Grimes) et Ariane Moffatt ont rempli mes tympans de bonheur en basse fréquence et de rythmes dansants jeudi soir.

Elles ont aussi câliné mon cerveau de plaisir optique grâce aux expressions faciales de Mozart’s Sister, aux contorsions de Grimes et à l’incomparable talent de l’éclairagiste et concepteur visuel de la tournée de l’album  d’Ariane Moffatt (lasers en moins à cause d’Aerosmith, blâme Ariane!), Mathieu Roy. Du gros talent de fou qui lui a valu le Félix du concepteur d’éclairage de l’année pour son travail avec Karkwa en 2011. Je mise sur lui pour 2012 grâce à ce que j’ai vu hier soir et, lasers en plus, le 9 mars dernier.

Ce fut très épuré comme performance pour Mozart’s Sister. Seuls un clavier, un Roland SP-404 et un micro entouraient sa performance. Par contre, elle a vu les caméras assez rapidement. À un certain moment, elle s’est tournée vers moi pour me faire de belles poses! Disons qu’elle savait comment attirer mon attention de photographe.

©Allison Van Rassel

©Allison Van Rassel

Je ne m’étais pas créé d’attentes quant à la prestation de Grimes. La seule chose que j’avais lue à son sujet concernait son manque de vivacité sur scène; ce ne fut pas le cas hier soir. Elle fait maintenant appel à Mike Tucker, alias Blood Diamond, pour l’aider sur scène. Elle a donc pu se concentrer à se remuer, à s’accroupir et à enlever ses sandales avec beaucoup plus de concentration.

@Allison Van Rassel

@Allison Van Rassel

Je vais me permettre de dire qu’Ariane Moffatt est l’artiste la plus talentueuse en ce moment au Québec. Non seulement sait-elle s’entourer des meilleurs musiciens et faire confiance aux meilleurs concepteurs, mais elle est au sommet de la maîtrise de ce que

j’appelle la créativité. Elle est mélomane, la fille, et puis ça s’entend. Le plus beau moment de la soirée fut assurément lorsqu’elle a entamé Running Up That Hill de Kate Bush. Je suis sortie de l’Impérial trempée de sueur, charmée une fois de plus par une artiste pour qui il m’est impossible d’être objective. Eh.

©Allison Van Rassel

©Allison Van Rassel

Un des plus beaux moments musicaux de ma vie

Le printemps passé, Patrick Watson est venu incognito à Québec, au Petit Champlain, pour roder son nouvel album Adventures in Your Own Backyard. J’ai passé à un appel près d’avoir un billet. Malheureusement, je n’ai pas eu la chance de voir Watson en spectacle dans la belle petite salle qu’est le Théâtre Petit Champlain; je suis très jalouse!Patrick Watson-2

Je devais rester à la maison mardi soir pour profiter du beau temps, enlever les mauvaises herbes, tondre le gazon, m’allumer un feu de foyer, bref, faire honneur à la banlieusarde que je suis. Après quatre ans de vie au centre-ville de Montréal et deux ans au coin des rues Queen et River à Toronto, méchant changement, les mauvaises herbes!

Et puis vint la curiosité des tweets qui annonçaient déjà que le Pigeonnier se remplissait. Plusieurs parlaient des premières notes d’Avec pas d’casque comme étant magiques. Voyons, qu’est-ce que je fais encore ici? Au diable my own backyard! Je me suis donc rapidement dirigée vers le centre-ville pour vivre la soirée choisie par Patrick Watson lui-même. Je ne peux pas croire que j’ai quasiment manqué ça.

Thus:Owls était déjà sur scène lorsque je me suis stationnée sur Saint-Jean. J’entendais résonner une voix si envoûtante qu’on aurait cru une sirène. Quelle classe, cette musique! Un choix de bon augure, invitant et comparable à l’orchestration de la musique de Patrick Watson. Sachez qu’ils seront de retour à Québec au Cercle le 2 octobre prochain.

Lonely, DearEnsuite, c’est Loney, Dear, le pseudonyme du multi-instrumentiste suédois Emil Svanängen, qui est venu combler le Pigeonnier. Une musique touchante aux paroles sensibles qui a provoqué chez moi une troublante émotivité. Mais je ne suis pas une référence, car je braille sur La Poule aux œufs d’or! Ça coûte cher, le Festival! Hop! Un autre album à écouter dans mon salon.
Patrick, oh! Patrick. Ton corps au complet résonne de ta musique. Tes jambes croisées sur le côté de ton piano suivent le flot, la mélodie sur laquelle ton âme semble se rependre. Patrick Watson-1Ton visage se déchire de tes paroles parfois troublantes. Il fronce aussi d’émoi avec chaque mouvement de tes yeux qui se tournent vers le vide. En te regardant par ma lentille de caméra, j’ai vu la vérité nue de l’artiste en prestation. Une authenticité, une sincérité et un amour réel de son art. J’ai vécu, grâce à Patrick Watson, la passion de ses musiciens et ma caméra, un des plus beaux moments musicaux de ma vie.

S’il avait fallu que je manque ça… «Je me serais fait couper les deux bras, mais la douleur très peu pour moi.»
Patric Watson-3

Code d’éthique du petit festivalier

Connaissez-vous le chat de Cheshire de l’histoire Alice au Pays des Merveilles? Si oui, vous avez déjà surement vu la version Disney de cette histoire, où le chat est mauve lignée avec un énorme sourire aux dents toutes blanches qui prennent toute l’attention de son visage. J’adore ce personnage.

Lorsque John Bon Jovi (Bongiovi) est entré sur scène lundi soir, j’ai vu le sourire du chat de Cheshire. Un immense sourire tout blanc léché, digne des publicités de marque de dentifrice blanchissant. Et sur écran géant, ça frappe! Lorsque vous lirez un article qui vous dit que John Bon Jovi était tout sourire, pensé au chat de Cheshire! En plus, ça rime…

J’ai eu l’impression que la ville au complet se trouvait sur les plaines pour l’excellente prestation de Bon Jovi. J’aime et n’aime pas les foules. J’aime les foules respectueuses, pas celles de gens qui n’ont d’intérêt que pour leur propre nombril. J’ai fait un décompte de cinq types de festivaliers le plus fréquemment croisé:

La chialeuse : celle qui va sur les plaines avec son chum, qui lui tient la main pour ne pas se perdre, et qui lui laisse décider de l’endroit où ils vont regarder le spectacle. Tout le long elle regard autour d’elle, lance des commentaires sur tout ce que les gens font pour finalement quitter après la troisième chanson parce que lui, yé pu capable de l’entendre elle.

La pie : Lui il en prend de la Dry. Au fait, il l’achète à coup de six à la fois et en offre à tous ses chums. C’est lui qui cri le plus fort de sa gang pis qui jase constamment pour finalement rien dire de pertinent : «la guit a fesse man». Il écoute un peu ce qui se passe en avant, mais parle, parle, parle à tout le monde autour, même si personne ne l’écoute. Une vraie pie. Évidemment, que personne dans sa gang ne va lui dire de se taire y fournit la bière!

La familia : Ça arrive avec la poussette, les couvertes, les jeux gonflables, le pique-nique et un changement de linge pour trois saisons. Ça s’entasse dans le haut du pigeonnier, l’enfant a faim, a soif, veut la doudou et braille de fatigue. Devine qui est-ce qu’on entend le plus entre l’artiste qui chante sur scène et l’être qui hurle du bout de ses cordes vocales?

Le fêtard : Déjà sous l’influence de substances avant même d’arriver sur le site, le seul et unique but de cette personne est de ne pas se souvenir du spectacle auquel il/elle assiste.

Les amoureux : Seul au monde, ils se collent, se frenchent, se collent, se flattent les cheveux, les fesses, encore les cheveux, un petit bec sur le front, s’embrassent encore et encore DROIT DANS TON CHAMP DE VISION! D’où l’expression anglaise que j’aime le plus au monde : GET A ROOM!

Tous les soirs, sans exception, un de ces genres se frotte à mon entourage. Si chaque entreprise à son code d’éthique en matière de comportement, les festivals doivent en avoir un aussi. Tiens, voici donc le code d’éthique du petit festivalier selon Allison Van Rassel.

1- Tout de suite rendu sur un site, parle avec celui ou celle qui t’accompagne (en bougeant tes lèvres de haut en bas en prenant bien soin d’avaler) et demande-lui où il aimerait s’installer. Par la suite, donne-lui ton opinion. Venez-en à un consensus tout de suite au début, sinon TU VAS CHIALER TOUT LE LONG! Et puis si l’habillement de la fille en avant de toi te rend jalouse, cesse de la regarder. Ce n’est pas à elle de faire un effort, mais à toi de l’ignorer.

2-Ferme-là quand le spectacle commence. Si tu as quelque chose à dire à tes amis, attends donc entre deux pièces. Dis-toi qu’en moyenne, une chanson qui tourne à la radio dure trois minutes; peux-tu attendre trois minutes sans parler? Sinon, si ça presse tant que ça, dis-lui directement dans l’oreille pour que lui seul l’entende, après tout c’est à cette personne-là que ça s’adresse, non?

3-Faites garder les enfants! Ou, si vous décidez d’éduquer votre enfant sur le comportement à tenir en milieux peuplés où la musique est forte, lorsqu’il se met à pleurer sans arrêt et déranger tout le monde, QUITTEZ! De plus, et par respect pour ceux qui n’ont pas apporté avec eux un attirail de garderie, n’imposez pas votre territoire lorsqu’un site se remplit à pleine capacité. («J’adore les enfants, mais si les chaises ne sont pas permises, alors pourquoi les poussettes?» entendu sur le site du pigeonnier lors du Spectacle de Patrick Watson.)

4-Comme à la SAQ, si tu es déjà sous l’influence de l’alcool, on ne te vend pas d’alcool, point. Et si tu te comportes en saoulons pour attirer l’attention du petit blond aux yeux bleus en arrière de toi, oublie ça, tu fais juste perdre ta dignité. Et avec les réseaux sociaux, une dignité, ça peut se perdre très vite.

5-Les amoureux, GET A ROOM. Sinon, soyez discret. C’est beau l’amour, mais en privé c’est encore mieux.

Ais-je besoin de reparler de la cigarette?

Sur ce, bon restant de festival!