Champagne Showbizz!

C’est avec une journée de retard que je post mon best of musicale de 2012. Pourquoi faire les choses comme tout le monde…

Tout d’abord, j’ai eu l’honneur de le faire sur CBC pour mes favoris québécois de 2012. Écoutez ici en anglais. Pour le reste, faut lire plus bas…

Tout d’abord, les albums. Voici mon top 10 albums 2012!

10-Metric, Synthetica.

Metric au Festival d'été de Québec, 2012 © Allison Van Rassel

Metric au Festival d’été de Québec, 2012 © Allison Van Rassel

Parce que je ne décroche pas. J’aurais pu mettre bien d’autres albums ici, mais c’est celui là parce que je l’ai eu dans le lecteur trop souvent cette année. Vers d’oreilles et tout.

9-Leonard Cohen- Old Ideas

J’ai vu mon premier spectacle de Leonard Cohen cette année. Le 2 décembre, j’étais au Colisée Pepsi à Québec pour voir l’homme le plus élégant, le plus classe qui soit, donner une performance dithyrambique rempli de passion, de sensualité et de richesse poétique. Avec Old Ideas, Cohen est sortie de l’ombre avec grâce et clémence. Chapeauté d’un fedora, Leonard Cohen s’est permis l’introversion, l’extériorisation de sentiments très personnels avec passion et class. Sa voix y est d’ailleurs plus profonde que jamais…

8-Louis-Jean Cormier, 13e étage

Le rythme de cet album me fait chavirer. A chaque écoute, je redécouvre quelque chose de nouveau, comme si ce 13e étage était encore en évolution; le transmédia évolutif aurait-il fait intrusion dans l’industrie de la musique? Sans le savoir, et comme un bon vin, l’album évolue d’écoute en écoute. Ce n’est vraiment plus la même casette

J’ai manqué Louis-Jean et son band au Grand Théâtre dernièrement. En fait, les billets se sont vendus beaucoup trop vite pour que j’aie pu avoir la chance de m’en procurer. Par contre, j’ai vue une courte prestation lors du lancement de la programmation du Grand Théâtre. Voici ce que j’ai capté.

Leur deux voix se moues l’une à l’autre. La masculinité fragile de Louis-Jean mêlé à la sensibilité de l’intonation d’Adèle. Beaucoup d’émotions. Beaucoup.

7-Lisa Leblanc, Lisa Leblanc

Faire le tour de la Gaspésie avec cet album là en boucle est un expérience en soi. Après un bout, té pu capable de Lisa, mais quand tu y reviens, il y a plein de belles images associées à son œuvre.

Elle est simple la fille, pas simple comme dans Saguenay «simple», mais sans flala. Elle mérite amplement toute l’attention qu’elle a reçu en 2012, et davantage. Faut craire que son follow-up va t’être ben attendu, entékas y va l’être de moé.

6-Ariane Moffatt, MÂ/ MA Remix

Je vous ai déjà fait part de ma critique de son dernier album, et mes convictions sont assez claires pour tout ce qui implique Ariane. C’est une mélomane entouré de quelques-uns des plus talentueux musiciens au Québec. Peut importe ce qu’elle touche, ce sera bling! Les remixs de MÂ coordonnés par Poirier sont hallucinants. Il y a un regard extérieur sur sa musique qui donne un résultat entrainant, complètement dépourvu de la matière d’origine. C’est à croire que la ligne directrice demandait de déconstruire les styles d’origines de MÂ pour en garder seulement l’essence. Réussite, et j’en retire Dubbel Dutch.

Ariane Moffatt lors du Festival d'été de Québec, 2012 © Allison Van Rassel

Ariane Moffatt lors du Festival d’été de Québec, 2012 © Allison Van Rassel

5-Patrick Watson, Adventures in your own backyard

Patrick Watson au Festival d'été de Québec, 2012 © Allison Van Rassel

Patrick Watson au Festival d’été de Québec, 2012 © Allison Van Rassel

Patrick Watson ressemble à rien. Mais, chapeau assidûment enfoncé sur sa tête, jambe croisé et cigarette à la main, il s’assied à son piano, le dos arqué, comme s’il allait nous faire part des pires sentiment de la vie, des émotions insurmontables. Mais c’est tout le contraire qui se forme. Il est ce qu’il y a de plus beau à la musique contemporaine.

Comment peut-on rester sans émotions devant un tel talent, un rire moqueur et un air maladroit si charmant. Patrick Watson expire la beauté par la fragilité dans sa voix, par les tonalités de ses musiciens avec qui il tourne depuis plus de 10 ans. Selon Joe Bocan désir = danger, alors selon moi, beauté = Patrick Watson.

4-The XX, Coexist.

J’ai eu la chance de rencontrer Jamie XX cette année, et juste la rencontre est une des plus belles choses qui me soit arrivée en 2012. Jamie ne parle jamais aux média! C’est un génie cet enfant. Et que dire de la performance de The XX à l’Impériale; sobre et efficace.  D’ailleurs, la vidéo pour la pièce Chained est l’exemple parfait de cette sobriété efficace dont je parle.

Elle témoigne aussi de leur grande complicité. Les fans savent que Coexist a été enregistré dans un appartement de style victorien à Londres. Ils travaillaient de nuit pour s’y influencer, avec seul un puits de lumière pour les éclairer le jour. Quelque peu vampirique, non?

3-Jack White, Blunderbuss

Que j’avais dont hâte d’entendre cet album là! Avez vous vue le documentaire It Might Get Loud mettant en vedette Jack White, Jimmy Page et The Edge? Voici la version complète, avec sous-titre espagnol.

Le lien que Jack White entretient avec le blues et la guitare électrique est fascinant; Blunderbuss me l’a fait comprendre parfaitement. Dire que cet album ne devait pas exister…

Je suis fasciné par son talent, son monde bien à lui. J’aimerais lire son histoire, regarder sa vie sur grand écran, entrer dans cet univers musical bien à lui. J’ai le rêve d’un jour suivre Jack White en tournée avec ma caméra. (J’étais d’ailleurs persuadée que Dolly Parton chantait à ses côtés sur le premier extrait, Love Interruption. Mais c’est la voix de Ruby Amanfu ajoute un charme country, voir même western dissidence à l’essence blues de White.)

2-Alt-J, An Awesome Wave

J’ai eu un coup de foudre instantanément pour ce que fait Alt-J! Rare est l’artiste qui explore autant de styles dans un seul album, et qui réussit à le faire avec brio.  Je ne crois pas que ce soit parce qu’il se cherche, mais simplement qui il est. Bras grands ouverts au multiculturalisme, aux influences de tous et chacun. Tessellate est la pièce que j’écoute avec le volume au maximum, Taro pour son ambiance Hindi et Fitzpleasure pour son influence trip-hop gothique (Massive Attack).  C’est sombre, mélodieux, éclectique parfois, mais c’est cette non-conformité aux genres/styles qui me plait.

1-Half Moon Run, Dark Eyes

C’est mon plus gros coup de cœur musicale des deux dernières années. J’ai entendu leur musique pour première fois en première partie de Phantogram le 10 mai, 2011 au Cercle. Coup de foudre instantané! Depuis, je les ai revues trois fois dont en première partie de Metric au Festival d’été de Québec, caméra à la main.

Half Moon Run au Festival d'été de Québec, 2012

Half Moon Run au Festival d’été de Québec, 2012 © Allison Van Rassel

J’aime profondément leur style atmosphérique (She Wants to Know, 21 Gun Salute), quelque peu folk plannant (No more Losing the War) aux sonorités qui me rappellent Radiohead (Give Up, Drug You). C’est l’album qui a le plus joué dans mon lecteur cette année. Je suis d’ailleurs complètement charmé par leurs mélodies. Peut importe où j’allais, Half Moon Run partait avec moi. Ils sont présentement en tournée en Australie, mais seront de retour au Québec en février 2013.

****Et puis les chansons qui ont perlés mes canaux auditifs en 2012. Sans ordre d’importance.****

  • Electric Guest, This head I hold. C’est chou et cute. J’aime les hommes à la voix aigu.
  • Avec pas d’casque, La journée qui s’en vient est flambant neuve. Cette pièce a été en rotation dans ma tête pendant tout l’été.
  • Les Sœurs Boulay, Lola. Harmonie, beauté, simplicité et Gaspésie. Eh!
  • First Aid Kit, The Lion’s Roar. C’est doux et c’est naïf? Peut être, mais c’est leur force de caractère que j’adore! Écoutez les paroles et vous saurez de quoi je parle.
  • Michael Kiwanuka, I’m Getting Ready. Il me semble polie, romantique et respectueux. Bref, je suis tombé pour Michael.
  • Vacationer, Trip. J’ai tellement besoin d’un voyage! Cette pièce m’entraîne en Californie instantanément.
  • Foxtrott, colours. Définitivement ma plus belle découverte du Festival d’été de Québec cette année.
  • Grimes, Genesis. Je m’énerve d’aimer ça! C’est gloomy, abstrait, déconcertant. En plus, j’adore cette vidéo…fucké à point.
  • Poliça, Dark Star. J’aime sa voix. Il y a un accent caché qui me plaît.
  • Choir of Young Believers, Sedated. Faut fermé les yeux et tout écouter de cette chanson. Surtout la voix et les subtilités dans la batterie.
  • Akido, Kiss of Death. Cette collaboration avec Alexandre Desilets est si belle. Je n’avais entendu Alexandre en anglais, et j’ai été charmé! Et qui est ce Charles Bussières aux paroles?
  • Alabama Shakes, Hold on. La voix de Whitney, c’est tout. La Janis Joplin du 21e siècle. Espérons qu’elle vivra plus vieille par contre.
  • Gary Clark Jr, Bright Lights. Blues meets rock meets soul/R&B. Ouch! Tout est là! Old school en plus.
  • Tame Impala, Elephant. On comprend rien de ce qui est dit, mais la guitar fait de l’effet. Une belle distorsion qui rappel les Page, Lennon ou Iommi de ce monde.
  • Band of Skulls, Sweet Sour. Mon envi pour la guitarrrrra et mon penchant naturel pour le classic rock a été comblé avec Sweet Sour. « Sour by the minute, but you’re sweeter by the hour». J’adore!
  • Azealia Banks, 1991. CeCe Penniston is back!
  • Robert Glasper Experiment ft Mos Def, Black Radio. C’est la seule pièce de l’album que j’ai écouté à plusieurs reprises. Le reste est trop chanteuse à voix, pis ça m’énarve. De par mes goüts, on peut voir tout de suite que j’aime les subtilités. En plus, la pièce Black Radio me fait tellement penser à A Tribe Called Quest où le jazz fusionnait avec le hip hop pour la première fois.
  • Fiona Apple, Every Single Night. Canceller sa tournée parce que son chien est malade, est-ce une assez bonne raison selon vous? Moi, ça me touche. A mes yeux, ça en dit long sur sa sensibilité. J’ai aussi soudainement l’envie de me mettre un poulpe sur la tête.
  • Martha Wainwright, Proserpina. J’ai été foudroyé par l’émotion de cette pièce. Dire que sa mère lui a offerte juste avant son grand départ.

Prédiction 2013

2013, l’année des sœurs Boulay (Eli Bisonette de Dare to Care à posté sur son facebook dernièrement : « L’album des sœurs Boulay va être fou. C’est pas des jokes. — at Wild Studio, St-Zénon. » Si Eli (dit le passionné) l’exprime su son «mur», fiez-vous alors sur lui. C’est Philippe B qui réalise l’album.

Bonne année, et au plaisir de se croiser en 2013.

Le début du Top!

Je débute donc l’aventure avec l’ultime tradition de fin d’année, le Best Of. Comme je suis mélomane, je prends un malin plaisir à découvrir, écouter, critiquer et/ou recommander les œuvres qui ont attirés mon attention. Par contre, pour cette fois-ci, j’ai décidé de faire une compilation des meilleurs spectacles que j’ai vue en 2011. La voici donc dans le désordre suivant:

  • Juliette Lewis le vendredi 13 août, 2011
    Le Cercle, Québec

Juliette Lewis est une star. Actrice d’abord et avant tout, notamment l’interprète de Mallory dans le film Natural Born killers d’Oliver Stone ; elle est une vedette, une vrai. Et Juliette chante? Elle chante un style de blues-rock, pas à la Black Keys, mais plus «heavy», plus Eagles of Death Metal que The White Stripes. genre.

J’avais des attentes. Je me disais qu’une actrice de son calibre qui flirt avec la musique se cherche de l’attention, sinon elle se cherche elle-même! Euh, dans le champ la madame, moi étant la madame! Non seulement Juliette Lewis sait chanter, mais elle sait aussi occuper une scène à plein régime!

Doté d’un talent pour la flexibilité de tous ses membres et d’une capacité cardiovasculaire hors normes, Juliette Lewis est définitivement l’artiste qui m’a le plus surprise en 2011 et qui s’est avéré avoir encore plus de talent que je lui reconnaissais déjà en tant qu’actrice!

Je vous recommande l’album avec The Licks, Four On The Floor pour s’introduire merveilleusement à l’attitude musicale de Juliette Lewis.

  • Portishead, le 7 octobre, 2011
    Quai Jacques Cartier, Montréal

Plusieurs fois dans ma vie j’ai dis: «Lorsque j’aurais vue Massive Attack, Thievery Corporation et Portishead en spectacle, je pourrai mourir!»

J’ai vu Thievery Corporation au Festival d’été de Québec le 16 juillet 2010 et en première partie de Massive Attack  au Centre Bell le 18 octobre, 2010 et Portishead le 7 octobre dernier sur le Quai Jacques Cartier à Montréal, pourtant je suis encore en vie! Mais j’ai eu peur.

La dernière fois que Portishead s’était pointé au Québec c’est en 1998; j’avais 20 ans et j’étais beaucoup trop occupé à me questionner sur mon orientation sexuelle. Nonobstant, Portishead à fait la trame sonore de tous ces moments. Alors, le 7 octobre au soir, ce fut la clôture de biens de grandes émotions ressenties au court de ma vie. D’entendre la pièce Wandering Star, sous le silence d’une dizaine de millier de spectateurs sur le Quai Jacques Cartier dans le Vieux Port de Montréal, attentif à chaque paroles calmement prononcé par Beth Gibbons, fut un des plus beau moment de ma vie. Par la suite, j’ai dû implorer l’au-delà d’ignorer mes dires, car je ne voulais pas du tout mourir après avoir vécu, finalement, Portishead live.

Je vous recommande l’album Roseland NYC Live, pour comprendre parfaitement l’émotivité musicale que propose Portishead.

  • Martha Wainwright le 12 juillet, 2011
    Parc de la Francophonie, Festival d’été de Québec.

C’était la sixième fois que je voyais Martha Wainwright en spectacle. Non, je ne suis pas groupie, mais j’admire énormément son talent. D’ailleurs, plus j’y pense, plus je crois que c’est la seule artiste dont l’œuvre au complet me plaît. Ok, j’admets que je suis un peu groupie de Martha, mais avoué qu’elle à tout pour elle.

J’ai d’ailleurs eu la chance de la photographier de près pour le première fois. J’étais complètement folle de joie. Probablement que c’est pour cette raison qu’elle fait mon top de spectacles 2011? …humm.

  • Feist le 6 décembre, 2011
    Grand Théâtre de Québec

Je n’avais pas encore vu Feist en spectacle, quelle honte!

***Mise en contexte : J’avais une connaissance à l’époque où je vivais à Montréal qui ne jurait que par Feist. Le genre qui pette plus haut que l’trou! Un être prétentieux, frais, imbu. Alors à cette époque, Feist me faisait trop penser à cette personne et je ne voulais rien savoir de l’écouter. Éventuellement, j’ai cessé de fréquenter «l’être» et je me suis mise à aimer Feist. Fin.***

Acoustique de la mort au Grand Théâtre! J’en avais entendu parler, mais je ne l’avais pas encore vécu. Québec est doté d’une salle avec un acoustique de très haut niveau (je n’en connais pas les détails techniques, mais à mes oreilles, ça sonnait la perfection!). Feist a-t-elle quelque chose à voir là dedans? hummm…

Elle n’a pas trop exploré ses débuts de carrière, en fait elle n’a joué que des pièces de Metals, sont plus récent album, et The Reminder, celui qui l’a propagé à l’échelle planétaire. Chaque petit son qui oscillait de son micro était impeccable. Chaque tonalité des instruments joués par ses musiciens était juste. Aucun autre artiste n’aurait pu m’initié au nouveau son de la Salle Louis-Fréchette comme Leslie Feist à su le faire.

Je vous recommande tous ses albums, mais plus particulièrement The Reminder, car c’est très représentatif de son identité sonore.

  • Violett Pi, le 11 juin, 2011
    Festival de la Chanson de Tadoussac

Je me suis rendu au Festival de la Chanson de Tadoussac pour la première fois le 11 juin, 2011. J’ai été très déçu du prix, car avec un bracelet de 25$ je n’ai vue que trois spectacles; pas de Douze Homme Rapaillés, pas de Jérome Minière ni de Karkwa. Il aurait fallu que je débourse entre 20 et 86 dollars de plus pour voir ces spectacles. Et, comme je voyageais de Québec et dépensais déjà plusieurs centaines de dollars sur la nourriture et le transport, j’ai trouvé ça très dispendieux. Mais bon…

Ce ne fut pas non plus une surprise de constater que le mode de vie de la plupart des gens présent sur le site du festival s’apparente à celui du bohème, quêteur, grano-va-nu-pied. Désagréable de les sentir (vraiment littéralement!) mais rien de plus. C’était peut-être les pas-de-classe, saoulons de service qui causaient le plus de problèmes, et ça, il y en avait à profusion. Mais bon…

C’est suivant la déception d’apprendre que je devais débourser 20$ de plus pour voir Jérome Minière que je me suis dirigée vers la tente de Télé-Québec pour aller entendre un certain Violett Pi. Le nom ne me disait rien, et comme le but de ma présence au festival était de découvrir des artistes, non pas voir Minière, voyons!

Et quelle découverte! Un mélange du son de Korn avec un soupçon de poésie, d’humour, le tout présenté dans un moule de n’importe quoi en forme de tête de mort verte, saupoudré d’un batteur qui porte un masque à gaz! Il m’a charmé instantanément. Tout le monde dans la tente sautait d’excitation, filmait la «star» sur scène, souriant grand comme le fleuve.

Violett Pi a fait paraître un quatre titres en août 2011. Dirigez-vous plutôt ici pour découvrir son univers en vidéo.