Champagne Showbizz!

C’est avec une journée de retard que je post mon best of musicale de 2012. Pourquoi faire les choses comme tout le monde…

Tout d’abord, j’ai eu l’honneur de le faire sur CBC pour mes favoris québécois de 2012. Écoutez ici en anglais. Pour le reste, faut lire plus bas…

Tout d’abord, les albums. Voici mon top 10 albums 2012!

10-Metric, Synthetica.

Metric au Festival d'été de Québec, 2012 © Allison Van Rassel

Metric au Festival d’été de Québec, 2012 © Allison Van Rassel

Parce que je ne décroche pas. J’aurais pu mettre bien d’autres albums ici, mais c’est celui là parce que je l’ai eu dans le lecteur trop souvent cette année. Vers d’oreilles et tout.

9-Leonard Cohen- Old Ideas

J’ai vu mon premier spectacle de Leonard Cohen cette année. Le 2 décembre, j’étais au Colisée Pepsi à Québec pour voir l’homme le plus élégant, le plus classe qui soit, donner une performance dithyrambique rempli de passion, de sensualité et de richesse poétique. Avec Old Ideas, Cohen est sortie de l’ombre avec grâce et clémence. Chapeauté d’un fedora, Leonard Cohen s’est permis l’introversion, l’extériorisation de sentiments très personnels avec passion et class. Sa voix y est d’ailleurs plus profonde que jamais…

8-Louis-Jean Cormier, 13e étage

Le rythme de cet album me fait chavirer. A chaque écoute, je redécouvre quelque chose de nouveau, comme si ce 13e étage était encore en évolution; le transmédia évolutif aurait-il fait intrusion dans l’industrie de la musique? Sans le savoir, et comme un bon vin, l’album évolue d’écoute en écoute. Ce n’est vraiment plus la même casette

J’ai manqué Louis-Jean et son band au Grand Théâtre dernièrement. En fait, les billets se sont vendus beaucoup trop vite pour que j’aie pu avoir la chance de m’en procurer. Par contre, j’ai vue une courte prestation lors du lancement de la programmation du Grand Théâtre. Voici ce que j’ai capté.

Leur deux voix se moues l’une à l’autre. La masculinité fragile de Louis-Jean mêlé à la sensibilité de l’intonation d’Adèle. Beaucoup d’émotions. Beaucoup.

7-Lisa Leblanc, Lisa Leblanc

Faire le tour de la Gaspésie avec cet album là en boucle est un expérience en soi. Après un bout, té pu capable de Lisa, mais quand tu y reviens, il y a plein de belles images associées à son œuvre.

Elle est simple la fille, pas simple comme dans Saguenay «simple», mais sans flala. Elle mérite amplement toute l’attention qu’elle a reçu en 2012, et davantage. Faut craire que son follow-up va t’être ben attendu, entékas y va l’être de moé.

6-Ariane Moffatt, MÂ/ MA Remix

Je vous ai déjà fait part de ma critique de son dernier album, et mes convictions sont assez claires pour tout ce qui implique Ariane. C’est une mélomane entouré de quelques-uns des plus talentueux musiciens au Québec. Peut importe ce qu’elle touche, ce sera bling! Les remixs de MÂ coordonnés par Poirier sont hallucinants. Il y a un regard extérieur sur sa musique qui donne un résultat entrainant, complètement dépourvu de la matière d’origine. C’est à croire que la ligne directrice demandait de déconstruire les styles d’origines de MÂ pour en garder seulement l’essence. Réussite, et j’en retire Dubbel Dutch.

Ariane Moffatt lors du Festival d'été de Québec, 2012 © Allison Van Rassel

Ariane Moffatt lors du Festival d’été de Québec, 2012 © Allison Van Rassel

5-Patrick Watson, Adventures in your own backyard

Patrick Watson au Festival d'été de Québec, 2012 © Allison Van Rassel

Patrick Watson au Festival d’été de Québec, 2012 © Allison Van Rassel

Patrick Watson ressemble à rien. Mais, chapeau assidûment enfoncé sur sa tête, jambe croisé et cigarette à la main, il s’assied à son piano, le dos arqué, comme s’il allait nous faire part des pires sentiment de la vie, des émotions insurmontables. Mais c’est tout le contraire qui se forme. Il est ce qu’il y a de plus beau à la musique contemporaine.

Comment peut-on rester sans émotions devant un tel talent, un rire moqueur et un air maladroit si charmant. Patrick Watson expire la beauté par la fragilité dans sa voix, par les tonalités de ses musiciens avec qui il tourne depuis plus de 10 ans. Selon Joe Bocan désir = danger, alors selon moi, beauté = Patrick Watson.

4-The XX, Coexist.

J’ai eu la chance de rencontrer Jamie XX cette année, et juste la rencontre est une des plus belles choses qui me soit arrivée en 2012. Jamie ne parle jamais aux média! C’est un génie cet enfant. Et que dire de la performance de The XX à l’Impériale; sobre et efficace.  D’ailleurs, la vidéo pour la pièce Chained est l’exemple parfait de cette sobriété efficace dont je parle.

Elle témoigne aussi de leur grande complicité. Les fans savent que Coexist a été enregistré dans un appartement de style victorien à Londres. Ils travaillaient de nuit pour s’y influencer, avec seul un puits de lumière pour les éclairer le jour. Quelque peu vampirique, non?

3-Jack White, Blunderbuss

Que j’avais dont hâte d’entendre cet album là! Avez vous vue le documentaire It Might Get Loud mettant en vedette Jack White, Jimmy Page et The Edge? Voici la version complète, avec sous-titre espagnol.

Le lien que Jack White entretient avec le blues et la guitare électrique est fascinant; Blunderbuss me l’a fait comprendre parfaitement. Dire que cet album ne devait pas exister…

Je suis fasciné par son talent, son monde bien à lui. J’aimerais lire son histoire, regarder sa vie sur grand écran, entrer dans cet univers musical bien à lui. J’ai le rêve d’un jour suivre Jack White en tournée avec ma caméra. (J’étais d’ailleurs persuadée que Dolly Parton chantait à ses côtés sur le premier extrait, Love Interruption. Mais c’est la voix de Ruby Amanfu ajoute un charme country, voir même western dissidence à l’essence blues de White.)

2-Alt-J, An Awesome Wave

J’ai eu un coup de foudre instantanément pour ce que fait Alt-J! Rare est l’artiste qui explore autant de styles dans un seul album, et qui réussit à le faire avec brio.  Je ne crois pas que ce soit parce qu’il se cherche, mais simplement qui il est. Bras grands ouverts au multiculturalisme, aux influences de tous et chacun. Tessellate est la pièce que j’écoute avec le volume au maximum, Taro pour son ambiance Hindi et Fitzpleasure pour son influence trip-hop gothique (Massive Attack).  C’est sombre, mélodieux, éclectique parfois, mais c’est cette non-conformité aux genres/styles qui me plait.

1-Half Moon Run, Dark Eyes

C’est mon plus gros coup de cœur musicale des deux dernières années. J’ai entendu leur musique pour première fois en première partie de Phantogram le 10 mai, 2011 au Cercle. Coup de foudre instantané! Depuis, je les ai revues trois fois dont en première partie de Metric au Festival d’été de Québec, caméra à la main.

Half Moon Run au Festival d'été de Québec, 2012

Half Moon Run au Festival d’été de Québec, 2012 © Allison Van Rassel

J’aime profondément leur style atmosphérique (She Wants to Know, 21 Gun Salute), quelque peu folk plannant (No more Losing the War) aux sonorités qui me rappellent Radiohead (Give Up, Drug You). C’est l’album qui a le plus joué dans mon lecteur cette année. Je suis d’ailleurs complètement charmé par leurs mélodies. Peut importe où j’allais, Half Moon Run partait avec moi. Ils sont présentement en tournée en Australie, mais seront de retour au Québec en février 2013.

****Et puis les chansons qui ont perlés mes canaux auditifs en 2012. Sans ordre d’importance.****

  • Electric Guest, This head I hold. C’est chou et cute. J’aime les hommes à la voix aigu.
  • Avec pas d’casque, La journée qui s’en vient est flambant neuve. Cette pièce a été en rotation dans ma tête pendant tout l’été.
  • Les Sœurs Boulay, Lola. Harmonie, beauté, simplicité et Gaspésie. Eh!
  • First Aid Kit, The Lion’s Roar. C’est doux et c’est naïf? Peut être, mais c’est leur force de caractère que j’adore! Écoutez les paroles et vous saurez de quoi je parle.
  • Michael Kiwanuka, I’m Getting Ready. Il me semble polie, romantique et respectueux. Bref, je suis tombé pour Michael.
  • Vacationer, Trip. J’ai tellement besoin d’un voyage! Cette pièce m’entraîne en Californie instantanément.
  • Foxtrott, colours. Définitivement ma plus belle découverte du Festival d’été de Québec cette année.
  • Grimes, Genesis. Je m’énerve d’aimer ça! C’est gloomy, abstrait, déconcertant. En plus, j’adore cette vidéo…fucké à point.
  • Poliça, Dark Star. J’aime sa voix. Il y a un accent caché qui me plaît.
  • Choir of Young Believers, Sedated. Faut fermé les yeux et tout écouter de cette chanson. Surtout la voix et les subtilités dans la batterie.
  • Akido, Kiss of Death. Cette collaboration avec Alexandre Desilets est si belle. Je n’avais entendu Alexandre en anglais, et j’ai été charmé! Et qui est ce Charles Bussières aux paroles?
  • Alabama Shakes, Hold on. La voix de Whitney, c’est tout. La Janis Joplin du 21e siècle. Espérons qu’elle vivra plus vieille par contre.
  • Gary Clark Jr, Bright Lights. Blues meets rock meets soul/R&B. Ouch! Tout est là! Old school en plus.
  • Tame Impala, Elephant. On comprend rien de ce qui est dit, mais la guitar fait de l’effet. Une belle distorsion qui rappel les Page, Lennon ou Iommi de ce monde.
  • Band of Skulls, Sweet Sour. Mon envi pour la guitarrrrra et mon penchant naturel pour le classic rock a été comblé avec Sweet Sour. « Sour by the minute, but you’re sweeter by the hour». J’adore!
  • Azealia Banks, 1991. CeCe Penniston is back!
  • Robert Glasper Experiment ft Mos Def, Black Radio. C’est la seule pièce de l’album que j’ai écouté à plusieurs reprises. Le reste est trop chanteuse à voix, pis ça m’énarve. De par mes goüts, on peut voir tout de suite que j’aime les subtilités. En plus, la pièce Black Radio me fait tellement penser à A Tribe Called Quest où le jazz fusionnait avec le hip hop pour la première fois.
  • Fiona Apple, Every Single Night. Canceller sa tournée parce que son chien est malade, est-ce une assez bonne raison selon vous? Moi, ça me touche. A mes yeux, ça en dit long sur sa sensibilité. J’ai aussi soudainement l’envie de me mettre un poulpe sur la tête.
  • Martha Wainwright, Proserpina. J’ai été foudroyé par l’émotion de cette pièce. Dire que sa mère lui a offerte juste avant son grand départ.

Prédiction 2013

2013, l’année des sœurs Boulay (Eli Bisonette de Dare to Care à posté sur son facebook dernièrement : « L’album des sœurs Boulay va être fou. C’est pas des jokes. — at Wild Studio, St-Zénon. » Si Eli (dit le passionné) l’exprime su son «mur», fiez-vous alors sur lui. C’est Philippe B qui réalise l’album.

Bonne année, et au plaisir de se croiser en 2013.

La sensibilité du 13e étage

Mon instinct me parle. Il me réveille la nuit et me raconte des histoires, se fait la comédie et met en scène des récits épiques. Il est doté d’une grande imagination et d’une grande sensibilité, cet instinct en moi.

Récemment, après seulement une écoute de la pièce L’ascenseur, il me dit : «Le treizième étage de Louis-Jean Cormier, c’est de la bombe!» J’ai mis en doute sa précocité jusqu’à ce que je puisse entendre ce premier album solo de Louis-Jean, ce 13e étage en question.

Je connaissais la voix de Louis-Jean, celle de Karkwa, cette voix qui a marqué le paysage

©Simone Records

©Simone Records

musical québécois depuis le début des années 2000 avec quatre albums récompensés de Félix et de Polaris. Non négligeable talent pour l’écriture aussi à considérer. Peut-être que mon instinct a pris tout ça en considération.

Aujourd’hui, 5 septembre 2012, lendemain des élections provinciales, lendemain de ce qui aurait pu être un massacre au Métropolis, je pose mes oreilles sur le premier album solo de Louis-Jean Cormier. J’ai besoin d’entendre autre chose que la colère et la gronde qui sévissent, d’étouffer les impulsions, qui, chez plusieurs, auraient grandement besoin de contrôle.

Je débute avec La cassette qui tout de suite me transporte avec lui dans les 1, 2, 3 de son studio d’enregistrement et m’embarque dans un rythme qui me fait taper du pied. À qui appartient cette jolie voix en harmonie? Encore dans Bull’s eyeTout le monde en même tempsL’ascenseur. Est-ce toujours la même voix? C’est agréable.

À première écoute, en fond de cuisine, à aire ouverte, c’est beaucoup moins aéré que Karkwa, mais toujours dans une composition solide et imagée. Je balance déjà la tête et mes hanches de gauche à droite en faisant la vaisselle. Oups! de l’eau partout!

Ensuite, j’enfile mes écouteurs.

Mon coup de cœur : Un monstre. Les harmonies vocales, le piano, la douce guitare, l’égoïne (ou la scie) au timbre aigu, oscillent la tristesse. Serait-ce la maladie? Celle d’un enfant… je suis émue à tel point que je pleure seule à mon ordinateur. Ouf.

Louis-Jean, tu m’as fait vivre une envolée d’émotions avec ton 13e étage, celui qu’on omet d’inscrire sur les pitons d’ascenseur par superstition, mais qui existe toujours, quand même, physiquement. Beaux messages, magnifique ambiance et toujours une aussi admirable plume.

***

Tiens, ça me rappelle que j’ai eu 13 ans un vendredi 13. Qu’est-ce que tu as a dire là-dessus, instinct?

Trop loin pour MDNA

J’ai vu Madonna en spectacle pour la première fois samedi soir dernier, le 1er septembre 2012, sur les plaines d’Abraham à Québec. J’avais le postérieur collé sur la clôture de la section C. Je ne pouvais pas être plus loin de la scène que ça. J’ai payé mon billet 80 $.

Premier constat : qu’est-ce qu’elle est en forme, la madame Ciccone!

J’étais encore dans l’ambiance du Festival d’été, parce que je n’ai pas traîné de manteau, ni de coton ouaté, ni de couverture de laine. Pas même une tuque. Au moins, j’avais des espadrilles. Merci la vie, car je n’ai pas la grippe ni le rhume au moment même de vous écrire ces mots.

Madge est arrivée en retard sur scène. Rien de surprenant là-dedans, car il n’y a pas un artiste qui arrive sur scène à l’heure pile. Personnellement, je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit à l’heure. Cependant, si on est encore dans l’esprit du Festival d’été (comme moi je l’étais avec mon habillement), on s’attend à ce que l’artiste soit à l’heure, car dans un festival, tout est crinqué au quart de tour. Bien serré. Pas de tequila, pas de Heineken, pas le temps de niaiser. À n’importe quel autre moment = retard, point. Pour moi qui assiste en moyenne à un spectacle par semaine, il n’y a rien d’anormal là. Le contraire serait surprenant.

***
«C’est quoi la patente qui pend en plein milieu de la scène?» ai-je demandé aux gens autour de moi.

«Une fontaine.»

Ça vous donne encore une idée de la distance entre nous et la section Or à 300 $ le billet. Mais le rayon psychologique du 1 km entre nous et Madonna ne fut pas brisé. Il a d’ailleurs fallu des jumelles et beaucoup de concentration pour voir que la patente sur scène était en fait un encensoir.
***

Je suis une visuelle. J’adore voir, regarder, stimuler ma rétine par le biais de couleurs, de mouvements, etc. C’est pour ça que je fais de la photographie. Je suis aussi cinéphile pour ces mêmes raisons. Madonna a assurément offert un spectacle très visuel : éclairage, écrans, danseurs, costumes, etc. Du coin de la clôture où je me trouvais, je n’ai malheureusement pas vu le quart de ce qui a été présenté. Mais j’ai quand même été capable de percevoir l’immensité du talent de Moment Factory, compagnie québécoise qui a réalisé la majeure partie de ce qui a été présenté sur les écrans du MDNA Tour. Allez voir leur travail, c’est à couper le souffle. J’ai d’ailleurs bien hâte de voir ce qu’ils feront avec la Sagrada Família à Barcelone à la fin septembre.

Bref, si j’avais payé mon billet plus cher, j’aurais apprécié davantage le spectacle de Madonna sur les plaines; plus tu payes cher un billet, mieux tu es placé, meilleur est le spectacle. Eh!

P.-S. – Ne me parlez pas de Tintin Oakenfold, car je vais être méchante et je n’aime pas ça être méchante.

Klô et Karl

Il s’est passé quelque chose le vendredi 24 août au soir sur la rue Saint-Joseph à Québec. Dans leurs yeux, j’ai vu des étincelles! «C’est mon meilleur ami», me dit-elle avec sa petite voix toute mignonne. «Ouin, son meilleur ami», me répond-il aussitôt.

Klô Pelgag et Karl Gagnon sont amis, meilleurs amis. Apparemment!

 

Klô Pelgag et Karl Gagnon
©Allison Van Rassel

Karl Gagnon, c’est Violett Pi. J’ai déjà parlé de lui ici. Gros coup de cœur pour Karl et sa troupe de musiciens en 2011. Album en vue pour 2013? Espérons-le, car qui dit album, dit spectacle. Et comme j’ai manqué son spectacle de vendredi dernier au Cercle… Disons juste que je ne suis pas encore capable d’être à deux places au même moment.

Klô Pelgag = Chloé Pelgag, originaire de Rivière-Ouelle (non, mais, y’a tu des beaux campings à Rivière-Ouelle, hein?). Prenez deux minutes de votre temps pour entrer en contact avec son univers, et le tour est joué. Ionesco, rhabille-toi! Elle a reçu le Prix Miroir Célébration de la langue française par le FEQ cet été. Un prix parfaitement mérité. (Peut-être pourriez-vous prendre le temps de lire son texte sur son aspiration à se marier avec le Festival d’été de Québec. Ça en vaut la peine.)

©Allison Van Rassel

J’espère un jour avoir la chance d’entendre une chanson d’amour, une ballade même, écrite, composée et chantée par Klô et Karl. Me semble que c’est fort bien à propos avec ce que j’ai vu, de mes yeux vu, le vendredi soir 24 août 2012 sur la rue Saint-Joseph à Québec. Mais bon, je ne pars pas de rumeurs, là.

Retour à la Normale avec CKRL 89.1 FM

Maintenant la vie, presque normale. Je suis de retour à la maison, après un périple relaxant en Gaspésie. Se faire conduire sur la 132 aux abords des falaises noircies par la nuit, avec comme trame de fond The XX et un ciel immensément étoilé, c’est la route qui mène droit vers le paradis : une semaine à Cap-aux-Os à faire la baleine échouée sur la plage de la baie de Gaspé, à pêcher à Grande-Grave et à passer une soirée en compagnie de 1755 jusqu’à se perdre dans ses rêves à travers les Chics-Chocs. C’est bon, la Gaspésie.

Après mon expérience de blogueuse avec le Festival d’été de Québec, j’ai eu envie de recentraliser mon chakra. J’ai adoré mon expérience privilégiée avec le Festival, mais passer mes soirées à tweeter au lieu de prendre part aux conversations des vrais êtres humains qui m’entouraient, j’ai trouvé ça pas mal difficile. Mais d’un autre côté, lorsque je tweetais, je partageais avec plein de gens ma propre expérience, mes sentiments, mon opinion au moment même où je les vivais. Excitant sur le coup, consternant par la suite. Du surfaçage. Et ça n’a jamais été mon genre.

Alors qu’arrive l’automne, arrivent les changements de couleur, le froid et le retour à la vie normale, aussi «normale» soit-elle (oh! et les décorations de Noël sont déjà en vente chez Costco! Quelqu’un sait pour Dollorama? lol). Et, à l’intérieur de MON normal, se trouve une émission de radio.

À partir du 22 septembre, je serai de retour en ondes avec mon projet radiophonique Allison Wonderland. Cette fois-ci, je serai à CKRL 89,1 FM les samedis de 17 h à 18 h. J’ai vraiment hâte, car ce fut le premier été de congé de la radio. J’espère que vous viendrez faire un petit tour dans mon univers et dans celui des artistes que je vous présenterai. D’ailleurs, je peux tout de suite vous confirmer la présence de Yann Perreau le 6 octobre pour parler de son nouvel album, À genoux dans le désir, «un album entièrement composé à partir de textes inédits de Claude Péloquin, où chacune des chansons a été créée à partir de poèmes qui n’ont jamais été lus ou entendus».

Fourni par l'étiquette de disque

La dernière fois qu’on s’est jasé, il entrait sur la scène de l’Impérial pour les Soirées Jeunes musiciens du monde. Paul Piché se faisait masser juste à ses côtés et on pouvait entendre,  à travers le téléphone, le claquement des mains de la masseuse sur son corps. Beau moment de radio, assez ludique!

Et, chanceuse comme je suis, j’aurai maintenant mon propre metteur en ondes, question de me concentrer sur tout, sauf les pitons!  Merci Olivier. Bien hâte de vous le présenter.

***Malheureusement, j’ai dû mettre fin à l’émission avant même qu’elle débute. Vous pouvez maintenant m’entendre sur les ondes de CBC au 104,7 fm à l’émission Quebec AM.

 

Une Musicopeintre

J’ai demandé à Marie-Claude Légaré ce que c’est qu’une musicopeintre. Elle m’a répondu : «… créer des œuvres avec une dimension musicale». Une petite boîte à musique de type

©Allison Van Rassel

©Allison Van Rassel

boîte à bijoux s’intègre à chacune de ses toiles. De petits mots, des phrases instigatrices de sentiments, une pensée, parfois même un état d’âme, proviennent de titre de journaux, d’un cahier publicitaire accroché à sa porte ou d’articles de magazines qu’elle collectionne affectueusement sur ses portes d’armoires de cuisine.

Marie-Claude est une vraie artiste, le genre qu’on remarque de loin et qu’on n’oublie pas, surtout après un passage dans son univers artistique. Elle est d’une beauté chavirante et d’une gentillesse soyeuse. Pas de grosse tête ni de prétention, juste un talent fou, brut, naturel. Un IMMENSE talent et un rire sincère.

J’ai eu la chance d’entrer dans cet univers l’instant d’une vidéo, un vidéofolio qu’elle me dit. Si j’ai réussi ne serait-ce qu’à piquer votre curiosité pour ce qu’elle fait, alors j’aurai réussi mon travail.

©Allison Van Rassel

©Allison Van Rassel

Marie-Claude, merci de m’avoir fait confiance dans cette première réalisation, et merci de m’avoir permis d’entrer dans ton univers très féerique. Suivez-la ici, alors qu’elle signe tout simplement Clodel.

©Allison Van Rassel

©Allison Van Rassel

Adieu formidable Eve Cournoyer

© Marie-Claude Meilleur

Ce matin, j’ai appris le décès de l’auteure-compositrice-interprète Eve Cournoyer. C’est avec elle que j’ai fait une de mes premières entrevues radio, en janvier 2003, au moment où elle faisait paraître son premier album, Sabot-de-Vénus. La dernière fois que je lui ai parlé, c’était sur les ondes de CIBL 101,5 un jeudi soir d’automne,  alors que L’écho était né quelques mois avant en 2006. «Es-tu vraiment bouddhiste?» m’avait-elle demandé, alors que je flirtais avec MySpace et que j’y avais ajouté mes croyances spirituelles. C’est grâce à elle que j’ai réalisé que je devais garder ma vie privée, privée.

Elle était curieuse, fermée, sombre certes, mais remplie de vie. J’ai toujours eu un grand respect pour Eve Cournoyer, l’enfant négligé du milieu artistique québécois. J’aurais aimé qu’encore plus de gens la remarquent, la regardent, l’écoutent. Une beauté visiblement tourmentée, qui se protégeait d’une si grande fragilité.

«Quand ça gronde en-dedans, que les doutes tonnent, les angoisses  pleuvent, le remède réside dans l’espoir du retour du beau temps, du calme après la tempête.» -Eve Cournoyer

Dommage que ce soit à l’aube d’un labeur de si belles fleurs. Adieu, formidable Eve Cournoyer.

Manque de mots

Je suis à court de mots pour décrire l’incroyable expérience que je viens de vivre grâce au Festival d’été de Québec. Encore une fois, grâce au talent des programmateurs et de toute l’équipe pour ce qui touche de près ou de loin l’organisation du plus beau festival de musique à Québec, j’ai pu combler deux de mes plus grandes passions : la photo et la musique.

J’ai fait de belles découvertes et j’ai enfin pu voir en spectacle des artistes de talent extraordinaire tel Foxtrott, Grimes et Metric. Dame Nature a même surpassé mes espérances.

Grâce à l’opportunité d’être blogueuse officielle pour le Festival d’été de Québec, j’ai eu la chance de partager avec vous mon opinion sur mes propres expériences au festival, de même que mes impressions des artistes que j’ai vus.

Mais mon aventure de blogueuse ne se termine pas ici. Comme vous l’ignorez peut-être, je collabore de temps à autre avec quelques médias de la ville de Québec. Peut-être aurons-nous la chance de nous recroiser, ou peut-être oserez-vous me suivre sur mon site web personnel, allisonvanrassel.com ou au foodiequebec.com

D’ici là, j’ai concocté quelques «couvertures» photo pour les adeptes de Facebook. Je les offre gratuitement ici. Suffit que vous soyez inscrit sur Facebook!

Voici deux exemples de ce que vous y trouverez!

La perfection nommé Sarah McLachlan

Sarah McLauchlan au Festival d'été de Québec 2012

©Allison Van Rassel

J’ai vu Sarah McLachlan pour la première fois en 1998 au parc Jarry à Montréal dans le cadre du Lilith Fair, une journée de musique qui célèbre la femme. À cette époque-là, elle avait sur scène avec elle un grand tapis marocain sous ses pieds et était accompagnée de son chien, couché près d’elle, comme si nous étions dans son salon. Sarah McLachlan était à ce moment-là mon idole.

Je n’avais pas revu Sarah McLachlan sur scène depuis 1998. Vendredi soir, j’ai vécu à nouveau des moments de ma vie et revu des visages à la seconde où I Will Remember You a débuté. Je n’avais pas non plus écouté du Sarah McLachlan depuis 1998, parce que j’ai vécu trop de peines accompagnées par sa musique. Ah! la mémoire sensorielle. Si seulement j’étais un peu moins émotive.

Lorsque Sarah McLachlan est entrée sur scène vendredi soir, j’ai senti une masse d’air chaud me pousser dans le dos. J’étais à l’avant-scène (pit photo) pour prendre quelques clichés et j’ai senti, littéralement, tout l’amour que les festivaliers avaient pour elle. Je pense qu’elle l’a bien senti elle aussi, car aussitôt son visage s’est illuminé. Elle a d’ailleurs gardé un beau grand sourire tout au long de sa prestation.

Sarah McLachlan était d’une beauté resplendissante et semblait être dans une forme physique incroyable. Tous ses déplacements sur scène captaient notre attention. Chaque note, chaque mélodie entamée à la guitare ou au piano étaient parfaites. Pas une fois n’a-t-on entendu quelque chose de faux sortir de sa bouche. Fabuleux pour une femme qui vient de passer une des périodes les plus difficiles de sa vie. Dire qu’elle croyait ne plus être capable de revenir sur scène.

Ça fait du bien de renouer avec le passé grâce à la musique de Sarah. Ça fait surtout du bien de se rendre compte à quel point la vie est belle aujourd’hui et que le passé, c’est tellement 1998.

Electrofemmes : Mozart’s Sister, Grimes et Ariane Moffatt

Quelle belle messe électroféminine hier soir à l’Impérial! Les trois Montréalaises d’adoption que sont Caila Thompson-Hannant (Mozart’s Sister), Claire Boucher (Grimes) et Ariane Moffatt ont rempli mes tympans de bonheur en basse fréquence et de rythmes dansants jeudi soir.

Elles ont aussi câliné mon cerveau de plaisir optique grâce aux expressions faciales de Mozart’s Sister, aux contorsions de Grimes et à l’incomparable talent de l’éclairagiste et concepteur visuel de la tournée de l’album  d’Ariane Moffatt (lasers en moins à cause d’Aerosmith, blâme Ariane!), Mathieu Roy. Du gros talent de fou qui lui a valu le Félix du concepteur d’éclairage de l’année pour son travail avec Karkwa en 2011. Je mise sur lui pour 2012 grâce à ce que j’ai vu hier soir et, lasers en plus, le 9 mars dernier.

Ce fut très épuré comme performance pour Mozart’s Sister. Seuls un clavier, un Roland SP-404 et un micro entouraient sa performance. Par contre, elle a vu les caméras assez rapidement. À un certain moment, elle s’est tournée vers moi pour me faire de belles poses! Disons qu’elle savait comment attirer mon attention de photographe.

©Allison Van Rassel

©Allison Van Rassel

Je ne m’étais pas créé d’attentes quant à la prestation de Grimes. La seule chose que j’avais lue à son sujet concernait son manque de vivacité sur scène; ce ne fut pas le cas hier soir. Elle fait maintenant appel à Mike Tucker, alias Blood Diamond, pour l’aider sur scène. Elle a donc pu se concentrer à se remuer, à s’accroupir et à enlever ses sandales avec beaucoup plus de concentration.

@Allison Van Rassel

@Allison Van Rassel

Je vais me permettre de dire qu’Ariane Moffatt est l’artiste la plus talentueuse en ce moment au Québec. Non seulement sait-elle s’entourer des meilleurs musiciens et faire confiance aux meilleurs concepteurs, mais elle est au sommet de la maîtrise de ce que

j’appelle la créativité. Elle est mélomane, la fille, et puis ça s’entend. Le plus beau moment de la soirée fut assurément lorsqu’elle a entamé Running Up That Hill de Kate Bush. Je suis sortie de l’Impérial trempée de sueur, charmée une fois de plus par une artiste pour qui il m’est impossible d’être objective. Eh.

©Allison Van Rassel

©Allison Van Rassel